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Les entreprises embauchent toujours massivement en France



Malgré une croissance économique atone et une inflation persistante, plus de 90.000 emplois ont été créés dans l'Hexagone au premier trimestre, selon des chiffres définitifs de l'Insee publiés ce jeudi. L'industrie recrute tout particulièrement.
Bientôt la passe de dix ? L'emploi salarié a progressé au premier trimestre 2023 pour le neuvième trimestre consécutif. La hausse a encore atteint 0,3 %, selon des chiffres définitifs de l'Insee publiés ce jeudi matin. Cela représente 92.400 postes supplémentaires entre fin décembre et fin mars, ou encore 350.300 et 1,3 million de plus en un an ou par rapport à l'avant-crise sanitaire, dont un tiers en alternance.

« La hausse de l'emploi salarié au premier trimestre 2023 est surtout portée par l'emploi salarié privé, qui augmente de 0,4 %, soit +86.800 emplois », a précisé l'institut statistique national, dont l'estimation provisoire - sur le seul champ du privé - début mai était deux fois moindre (+42.000). Dans la fonction publique, l'emploi salarié est resté quasi stable (+0,1 %).

Contrastes


Hors intérim, en repli, l'emploi industriel a continué de progresser. Il est resté quasi stable dans la construction, et a nettement accéléré dans le tertiaire marchand. Au sein de ce secteur, les effectifs ont augmenté modérément dans le commerce (+0,2 %), de manière plus « dynamique » dans d'autres sous-secteurs, notamment les arts, spectacles et activités récréatives (+1,7 %), les activités juridiques et d'architecture (+0,9 %), l'information-communication (+0,7 %), les transports et entreposage (+0,6 %) et l'hébergement-restauration (+0,6 %).

Loin du ralentissement anticipé par la plupart des conjoncturistes du fait de l'atonie de la croissance et de la persistance d'une forte inflation, l'emploi salarié a donc poursuivi début 2023 sur sa lancée de l'année dernière, les entreprises, ETI notamment, ne comptant pas freiner les recrutements .

« Pour autant ce n'est pas une croissance généralisée dans tous les secteurs d'activité. Par rapport à l'année 2022, on observe début 2023 des disparités plus marquées selon les secteurs entre le tertiaire et la construction par exemple », analyse le chef de la division synthèse et conjoncture du marché du travail à l'Insee, Yves Jauneau.
Le travail temporaire semble avoir atteint un plateau et le commerce de détail flageole, quand l'industrie, elle, étoffe ses effectifs trimestre après trimestre depuis fin 2016. Ils représentent 3,24 millions de postes aujourd'hui.

Nombreux CDI


Globalement, « c'est plutôt une bonne nouvelle mais il est certain que cela ne va pas dans le sens attendu », reconnaît Eric Heyer, économiste à l'OFCE, qui anticipe une inflexion à partir du deuxième trimestre. « Depuis deux mois, les enquêtes auprès des entreprises sur leurs intentions d'embauches se retournent », argue-t-il.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a souligné que cette bonne tenue du marché de l'emploi ne se fait pas au détriment de la qualité des embauches. « Sur les derniers mois de 2022 et pour la première fois en vingt-cinq ou trente ans, plus de la moitié des emplois créés [de plus d'un mois, NDLR] le sont directement en CDI. Cela signifie que nous créons de l'emploi par dizaine de milliers et que cet emploi est moins précaire qu'il y a deux, trois ou cinq ans et c'est tant mieux », a-t-il réagi sur France Inter, ajoutant que les chiffres du quatrième trimestre ont aussi été révisés à la hausse (+11.400).

Ce faisant, l'emploi salarié a dépassé pour la première fois le seuil des 27 millions en France, dont 21,1 millions dans le secteur privé, 2 millions de plus qu'au premier trimestre 2017, avant l'élection d'Emmanuel Macron.

La publication de ces chiffres intervient au lendemain de l'examen par le Conseil des ministres du projet de loi instituant France travail. Cette réorganisation du service public de l'emploi et de l'insertion est censée améliorer l'aide apportée à toute personne éloignée du marché du travail, allocataires du RSA particulièrement, et aux entreprises en mal de main-d'oeuvre.

C'est, selon Olivier Dussopt, la dernière réforme structurelle devant mener au plein-emploi d'ici à 2027 , c'est-à-dire à un taux de chômage de 5 % de la population active environ, contre 7,1 % actuellement. Parvenir à ce niveau nécessite d'augmenter les effectifs de personnes en emploi d'au moins 700.000.

Source : Lesechos

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